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Un sondage auprès de 1001 consommateurs canadiens par Intelligence Empirique révèle que les Canadiens demeurent ouverts aux importations en dépit du mouvement « Acheter canadien ».

Résultats clés

  • Les généralisations comme « Acheter canadien » peuvent induire en erreur les entreprises planifiant une entrée ou une expansion sur le marché canadien.
  • Les Canadiens prévoient majoritairement continuer à acheter des produits canadiens, mais restent ouverts aux produits provenant d’autres régions, à l’exception des États-Unis.
  • Les Canadiens plus jeunes sont plus réceptifs aux produits américains que les plus âgés.
  • Les préférences des consommateurs canadiens sont sélectives et dépendantes du contexte, et non protectionnistes de manière générale.
  • Les études de marché sont essentielles pour comprendre les effets liés au pays d’origine et la demande par segment avant d’entrer sur le marché canadien.


De nombreuses entreprises s’intéressent actuellement à la diversification commerciale. Beaucoup envisagent de vendre sur le marché canadien, mais elles craignent que ce soit un moment risqué pour y entrer en raison du sentiment « Acheter canadien » largement discuté. Pour les entreprises qui cherchent à entrer sur le marché canadien, comprendre les préférences des consommateurs canadiens est crucial. Il est important de savoir que ces préférences sont plus complexes que le slogan « Acheter canadien ».

Dans un sondage mené auprès de 1001 Canadiens par Intelligence Empirique en novembre 2025, nous avons demandé aux répondants s’ils prévoyaient dépenser plus, moins ou le même montant que maintenant pour des produits provenant de cinq pays ou régions : le Canada, les États-Unis, l'Europe, l'Asie et l'Amérique latine.

La figure ci-dessous montre le pourcentage de Canadiens qui prévoient dépenser le même montant ou davantage pour des produits de chaque pays ou région. Les résultats confirment que les Canadiens ont l'intention d'acheter des produits canadiens : 94 % déclarent vouloir dépenser le même montant ou davantage pour des produits du Canada.

Les résultats montrent également que les Canadiens manifestent peu d’intérêt pour les produits américains. Seuls 38 % déclarent vouloir dépenser le même montant ou davantage pour des produits des États-Unis. Pour les entreprises américaines, cela montre que les indications de pays d’origine sont désormais un désavantage, et que les stratégies de communication et de marque sont plus importantes que jamais.

Figure 1. Malgré le slogan « Acheter canadien », les Canadiens sont ouverts aux produits de la plupart des régions, à l’exception des États-Unis. Graphique montrant les préférences des consommateurs canadiens pour des produits de différentes régions.

Il est peut-être plus surprenant de constater que de larges majorités de Canadiens prévoient d’acheter des produits des trois autres régions étudiées. C’est particulièrement le cas pour l’Europe, où 83 % des Canadiens prévoient acheter des produits. Pour l’Asie et l’Amérique latine, 78 % prévoient également acheter des produits de ces régions.

Ces résultats suggèrent que les consommateurs canadiens ne sont pas globalement protectionnistes. Leurs préférences sont sélectives et dépendantes du contexte. Pour les entreprises qui cherchent à vendre des produits au Canada, ces résultats soulignent l’importance de comprendre comment les consommateurs canadiens évaluent les produits en fonction du pays d’origine.

Les Canadiens plus jeunes sont plus ouverts aux produits américains

Les intentions d’achat de produits provenant de différents pays et régions sont relativement uniformes selon les groupes démographiques. La seule exception est que les Canadiens plus jeunes sont plus disposés à acheter des produits américains. Comme le montre la figure 2, alors que seulement 30 % des Canadiens de 45 ans et plus prévoient acheter des produits en provenance des États-Unis au cours de la prochaine année, cette proportion atteint 49 % chez les Canadiens de moins de 45 ans. Cette différence pourrait s’expliquer par une sensibilité accrue au coût de la vie chez les jeunes Canadiens.

Graphique montrant les préférences des consommateurs canadiens pour des produits de différentes régions.

Pour les entreprises ciblant les consommateurs plus jeunes, notamment dans les catégories sensibles aux prix, le sentiment anti-américain semble moins présent. Il est important de considérer la diversité des segments au sein du marché canadien.

De nombreuses opportunités pour vendre au Canada

En résumé, le slogan « Acheter canadien » ne décrit que partiellement les préférences des consommateurs canadiens. Ces derniers restent largement ouverts à acheter des produits d’autres régions, à l’exception des États-Unis. Cela signifie que de nombreuses opportunités existent pour les entreprises qui cherchent à vendre des produits au Canada. Le moment peut être favorable pour entrer sur le marché.

Les généralisations comme « Acheter canadien » peuvent être trompeuses pour les entreprises qui envisagent d’entrer sur le marché ou d’y étendre leur activité. Les intentions d’achat des Canadiens varient selon les pays et les régions, ainsi que selon les segments. Les études de marché peuvent aider les entreprises à déterminer s’il existe une demande suffisante parmi les consommateurs canadiens pour les produits d’un pays ou d’une région donnée avant de pénétrer le marché.

Les tendances peuvent varier selon la catégorie de produit, le prix et le segment cible. Une recherche spécifique par catégorie est donc essentielle.

Cette analyse repose sur une recherche originale menée par Intelligence Empirique visant à évaluer les intentions d’achat des Canadiens selon le pays d’origine des produits.

Méthodologie

Le sondage a été réalisé en ligne les 5 et 6 novembre 2025. Les répondants ont été recrutés à partir de divers panels en ligne via Cint Exchange. Les résultats sont pondérés selon l’âge, le sexe, le niveau d’études et la région, en fonction des données du recensement. Si l’échantillon avait été probabiliste, la marge d’erreur aurait été de 3,1 points de pourcentage. Les entrevues ont été réalisés en anglais et en français.